Réfugiés républicains espagnols, Argelès sur Mer et Port-Vendres

      • Exposition du 10 avril au 10 juin 2017 à la brasserie d’Odyssud à Blagnac

      Commémoration de réfugiés républicains espagnols

       

      100 000 lumières pour 100 000 réfugiés

       

      En février 2001, les réfugiés républicains espagnols sont venus inaugurer deux monuments à Argelès sur Mer, dans les Pyrénées Orientales, dédiés à la mémoire des disparus de la guerre d’Espagne.

      65 ans après les camps pour espagnols dressés par les français limitrophes (Argelès, Rivesaltes, Vernet, etc…), un hommage leur est rendu par la population locale, souvent descendante de ces réfugiés survivants. Ces camps sur la plage ont été symbolisés par une stèle posée sur le sable de ce haut lieu touristique régional, stèle célébrée à la lueur de bougies et de drapeaux républicains.

      Le second monument se situe sur l’avenue de la Retirada, par là où sont arrivés ces exilés du franquisme, sur un terrain dédié à ce recueillement. C’est l’occasion pour ces anciens combattants de la démocratie de se réunir une nouvelle fois pour que la lutte pour une république espagnole ne disparaisse pas avec les générations. Tant de ces hommes, femmes et enfants ont déjà disparus, pendant la guerre fratricide des années 1936-1939, dans l’exil, dans ces camps ou à travers le temps.

      Leur pèlerinage s’achèvera à Collioure sur la tombe du poète républicain Antonio Machado, enterré ici avec sa mère, ils n’ont pas survécu non plus aux balles fascistes. Six ans plus tard, la Retirada à toujours son hommage, cette fois ce sera par la mer, en barques catalanes depuis Port-Vendres jusqu’à la la plage nord d’Argelès, comme à l’époque, à la force des bras et avec l’espoir de meilleurs lendemains.

       

      Fabien Ferrer

      EXIL

      Pour des taches de sang

      Dans la mémoire,

      De l’encre dans les amarres,

      C’est de la boue dans les souliers.

      Je vais et reviens,

      Souffre et revis.

      Comme une empreinte

      Dans un port sans soleil,

      A l’abri,

      J’attends l’éclaircie.

      Pourtant n’aurais je

      Jamais du partir ?

      Un toit protège

      Sans faillir.

      Si je n’ai ni le temps, ni l’argent,

      Ne connaît ni l’or, ni le sang.

      Si le coté face l’emporte,

      Alors, la pile s’emballe.

      Coule le sort,

      Volent les papiers,

      Vole le courrier,

      S’écroulent les étages sans paliers,

      Coulent les marins sans bonnets…

      …Au matin, il ne restait que du sable

      Caressé par quelques embruns.

      Le rivage avait perdu sa couleur pourpre

      Du soleil couchant.

      Le feu de l’orage avait déchiré la nuit.

      Comme aux premières lueurs du monde,

      Il était là,

      Seul, couché,

      Et après la tempête,

      Il pensait :

      Combien il était doux d’espérer

      Combien il était doux d’exister.

      Il se leva

      Pris sa croix, son poing, son drapeau

      Et son chemin

      Qui la veille était celui d’un mauvais destin.

       

      Jean-Valéry Ponrouch

      (Extrait du recueil Partance)

      Fabien Ferrer

      Fabien Ferrer